Pour certains les fêtes de famille sont un grand moment de joie, pour d’autres un ennui, pour d’autres encore un moment de tristesse. Le témoignage de Corinne* nous permet de comprendre pourquoi pour certains ce temps est difficile à vivre.

Souvenirs tristes d’enfant

 » Chaque année, c’est pareil : les illuminations dans les rues, les guirlandes et les Père Noël sur les façades des maisons et les jouets dans les magasins viennent plomber mon moral. Ce n’est pas tant que je n’aime pas Noël, comme certains aiment le déclarer, c’est juste que cette fête me rend profondément triste. Enfant unique élevée par des enfants uniques, je n’ai vécu petite que des Noëls où, autour de la table, il n’y avait que mes parents, mes grands-parents et des arrières-grands-parents et quelques grand-oncles et grand-tantes. Tous n’avaient d’yeux que pour moi. On mangeait un peu mieux que d’habitude, on me demandait 3, 5, 10 fois si je croyais encore au Père Noël, puis, pas trop tard, on me regardait ouvrir mes cadeaux. Un rituel immuable, sans surprise ni gaîté particulière

Un passage obligé…

Puis en grandissant, la table s’est faite de plus en plus petite. A 20 ans, nous n’étions plus que cinq. Noël n’avait déjà plus de sens pour moi : n’étant pas particulièrement croyante, ne goûtant que très moyennement l’avalanche de cadeaux que certains attendent de tout coeur, Noël est devenu un passage obligé, qui me rappelle immanquablement tous ceux qui sont partis. Chaque année, dès que les sapins refont surface, c’est à eux que je pense, aux absents.

Ils ne comprennent pas ma tristesse

Mon mari qui vient d’une famille nombreuse où Noël reste une grande fête, très joyeuse, ne comprend pas bien le blues qui me submerge dès la mi-novembre. Avec eux, au milieu de tous les enfants, y compris les miens, je devrais reprendre goût à Noël… Mais non. Je n’ai pas envie de grands repas, pas envie de faire des cadeaux ni d’en recevoir. J’aimerais au contraire un peu de calme et de solitude. Cela me fait de la peine pour mes enfants qui aimeraient sans doute que je sois plus impliquée dans ce qui est après tout leur fête. Ils doivent ressentir ma tristesse malgré mes efforts. Plus les années passent, plus il me coûte d’ailleurs et plus je me sens différente de ressentir ça (aucun des proches auxquels je me suis ouverte ne semble partager ce que je ressens).

Je me dis que quand mes enfants seront un peu plus grands, je leur expliquerai. J’espère qu’alors, eux me comprendront. »

http://www.psychologies.com/Planete/Societe/Noel/Temoignages/Noel-me-rend-triste

Pour aller plus loin : Parler de nos différences en couple

 

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